Article 1312 — Les vœux du préfet

Nancy |

Vendredi dernier, le préfet Éric Freysselinard présentait ses vœux aux forces de l’ordre. Vœux que les journalistes d’exception de l’Est Répugnant et de ici-c-nancy, en bon laquais de l’ordre, se sont empressés de répéter...

Quelques extraits assortis de commentaires cinglants...

Pour Eric Freysselinard, la hausse des cambriolages n’est « pas sans lien avec la multiplication des mouvements sociaux qui mobilisent nos forces de l’ordre ». Y compris les services d’investigations — qui plus est non spécialisés dans le maintien de l’ordre — et qui se retrouvent dans la rue, casqués, à contenir des manifestants au lieu de traquer les délinquants.

Ok bourgeois, s’il y a plus de cambriolages, c’est à cause des manifestations qui mobilisent des flics qui, en plus, n’y connaissent rien. On a envoyé le mec de l’accueil et la meuf du service des archives sortir le LBD contre les manifestant·e·s ?

En fait, ça explique les lacrymos lâchées dans la gare de manière « intempestive » [1] après la manif du 17 décembre, où des gamin·e·s ont manqué de s’étouffer après avoir réussi à sortir de cet espace clos rempli de gaz CS [2].

17 décembre 2019 — Des gaz lacrymo dans le hall de la gare

« Notre politique de fermeté mais aussi de dialogue a permis d’obtenir de bons résultats. Sans aucune blessure côté manifestants ni polémique. Ceci est remarquable et doit être mis au crédit des forces de police et de gendarmerie. »

Ok bourgeois, donc cette vidéo qui montre un flic mettre un coup à un mec en gilet jaune dans les rues de Nancy, c’est juste un malentendu, une discussion tranquille entre amis ?

La communauté des gens du voyage a quant à elle fait l’objet de 49 mises en demeure et expulsions effectives.

Cette fois, nous détenons la palme du « Ah ouais, quand même, t’as pas de limites ». Donc on se lâche dans les statistiques racistes...

Tant qu’à faire des statistiques, on veut bien le nombre de femmes tuées par leur compagnon en Meurthe-et-Moselle, ou le nombre de DRH et de directeurs qui ont poussé leurs salarié·e·s au suicide, ou encore, pour rester dans la thématique de l’ordre, le nombre de petits juges qui se sont pris pour les garants de la bonne morale en prononçant des peines hallucinantes contre les inculpé·e·s des luttes sociales.

Une dernière statistique : le nombre de flics qui tueront si on leur en donne l’ordre ? Parce que ça, ça fait plus peur que ta connerie d’insécurité !

H5N1 — Tuer le flic dans sa tête — Quand un gouvernement change, la police ne change pas

Le représentant de l’État a également évoqué la lutte contre l’immigration irrégulière pour laquelle sera créé un local de rétention administrative afin de permettre « de reconduire les étrangers en situation irrégulière sans envoyer nos policiers dans des trajets invraisemblables vers des CRA éloignés de plusieurs centaines de kilomètres ».

Ok bourgeois, on continue dans la lignée raciste, où le vrai problème, c’est que les flics doivent faire des trajets longs et que ça coûte au contribuable... Mais envoyer des personnes en prison sous prétexte qu’elles n’ont pas les bons papiers, ça ne pose pas de souci à ces minables.

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« Nous vivons dans un beau pays, l’un des plus égalitaires au monde. Nous pouvons être fiers d’être Français ».

Ouch... fier d’être français ? Les derniers qui disaient ça, c’était les fachos des jeunesses identitaires ou les droitards de la cocarde étudiante... Merde, Éric, tu serais donc comme ces 50% de policiers qui ont voté Front National en 2015 ? Ça expliquerait bien des choses...

À l’heure où nous écrivons ces lignes, nous apprenons qu’un camarade syndicaliste de Nancy a pris un sale coup par un flic, dans des escaliers, lors de l’occupation du rectorat. Il serait encore à l’hôpital...

Tout ça donne envie de ressortir une vieille affiche qui célèbre à merveille — le hasard fait bien les choses — le numéro de cet article : 1312 (les expert·e·s en numérologie comprendront).

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[Paris] Jeudi 9 janvier, un policier identifié a tiré à bout portant sur un manifestant

Jeudi 9 janvier 2020, pendant la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, un policier de la CSI 75 a tiré à bout portant au LBD40 sur un manifestant qui ne présentait aucun danger pour les fonctionnaires. À cette distance, on peut tuer la personne qui reçoit le projectile du LBD40.



Notes

[1D’après une source proche de la police, le "collègue" aurait dégoupillé une grenade sous l’effet de la panique, puis, se rendant compte qu’il ne pouvait pas la « re-goupiller », l’aurait lancée dans le hall de la gare. Les personnes gazées sont ravies de le savoir.
Pas sûr que ça tienne devant un tribunal ça : « Déso pour le pavé, c’était intempestif, j’ai paniqué, j’ai pas réussi à le re-paver... »

[2Gaz qui entre dans la composition des lacrymos. Voir les articles Sur les nouvelles grenades lacrymogènes de 40 mm CM3 et MP3 et Ce qu’il faut savoir des lacrymos de Désarmons-les.

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