Petit message de celles et ceux qui dormaient...

Bure |

Voici en quelques mots le réveil à la Maison de Résistance ce matin quand la gendarmerie est venue défoncer la porte d’entrée… seule porte verrouillée la nuit puisqu’elle ne tient plus fermée depuis la dernière perquisition…

Ro, qui après deux ans ici a encore la patience de leur parler poliment :
Joyeux Réveil manu-militari vers 7h.
Puis en guise de petit dej une bonne immobilisation au sol et palpation corporelle puis menottage mains dans le dos. Soulevée (c’est lourd un boulet de 80 kg) pour être remise debout puis emmenée avec les bras tenus de manière à me les tordre.
Je me fais enlever les menottes peu après avoir rejoint les copaines. To reste menotté, Fa (compagnon chien) est seul sur la mezzanine.
G arrive menotté et se fait poser au sol avec nous, avec To, ils finissent par être démenottés.
Fa descend de la mezzanine en boitant, coup de pied peut-être ?
No est appelée pour aller chercher Wal (compagne chienne) enfermée dans une chambre. Ri peut rapporter du thé.
Aucun papier présenté tout au long de leur présence. Ils disent enfin qu’ils cherchent K, interdit de Meuse, qui « serait venu cette semaine, ils auraient une photo de lui ?? » Sachant que Le copain n’est pas venu j’ai malencontreusement explosé de rire, ils ont quand même l’air vachement mal renseignés les keufs !
7H45 l’opj ?? me signifie la « fin de l’opération » et qu’ils vont quitter les lieux.
En bref, 8 animaux canins / humains dans la maison. Et toujours de la bonne humeur ensemble.
(mention spéciale aux gland -arme qui en réponse de mon fou rire à sorti : « oh décidément vous ça s’arrange pas » le tout en tirant la gueule.

Ri, qui se remet tout juste d’une angine virale :
7H du mat. J’entends « gendarmerie !! » cinq fois. « Descendez ! »
Ils me menottent, demandent mon identité.
Je rejoins les autres, on essaie de demander pourquoi. Au bout d’un moment, j’arrive à aller dans la cuisine faire du thé et en parlant au flic, il me lâche qu’il ne peut pas me montrer le papier, seul K peut le voir.
Dans la chambre que j’occupe, ils se sont amusé à déplacer mon jeu d’échec et à décrocher les dessins.

G, qui est parmi nous depuis quelques jours :
Ce matin vers 7h, j’ai entendu plusieurs coups violents à la porte. J’ai aussi entendu des cris à l’extérieur. Je me suis levé et habillé puis j’ai vu entrer plusieurs hommes qui m’ont ordonné de m’allonger et m’ont passé les menottes malgré mes protestations et ont fait une photo de mon permis de conduire alors que je leur tendais ma carte d’identité… sans à aucun moment me dire ce qu’il se passait ou pourquoi ils étaient là.
Ils m’ont fait asseoir dans la grange avec les autres et m’ont finalement enlevé les menottes après un bon moment.
Ils n’ont à aucun moment montré de papiers.

A, qui garde le sourire :
Couché à 3, j’émerge à 7 au son de la porte qui craque et des gueulements des flics. Mon lit est en face de la fenêtre, je grimpe illico sur le toit sans chercher à en savoir plus. La maison est encerclée, ça fout le bordel dans le dortoir, ils menottent mon compagnon de chambrée puis un flic passe la tête par la fenêtre et me braque avec son taser, m’ordonnant de descendre. Je refuse poliment. Il réitère, dit que c’est pour ma sécurité, je lui fais remarquer que menacer de me tazer sur un toit n’aide pas à établir une relation de confiance. J’attends la fin de la scène sur mon perchoir.

To, à la maison depuis cet été :
Je me suis fait réveiller vers 7h par des cris : "Descendez !". J’ai obtempéré, je ne savais pas ce qu’il se passait.
Je suis resté assis, menotté dans le dos, par terre dans la grange un long moment, les autres sont venus me rejoindre.
Je suis belge. Je suis choqué de voir que la gendarmerie ici en France a le droit d’entrer violemment dans les maisons et d’y menotter les habitants au réveil sans leur expliquer quoi que ce soit...

No, ulcérée :
Réveillée vers 7h par des bruits sourds. Je ne sais que lorsque j’ouvre la porte que ce sont les gendarmes puisque l’un d’eux me braque avec je ne sais quoi (les volets sont fermés, je ne vois pas grand-chose). On m’ordonne d’attacher Wal (compagne chienne) dans la chambre…
Je passe par la cuisine chercher de l’eau pour ensuite être « invitée » à rejoindre les autres dans la grange. Une aberration d’en voir trois menottés ! Nous leur demandons ce qu’ils veulent, combien de temps ce cinéma va durer.
Les copaines sont démenottées, je peux aller chercher la chienne pour qu’ils vérifient je ne sais toujours pas quoi dans la chambre.
Commentaire de celui qui aide Ri à nous apporter un thé : « Vous ne direz pas que je ne suis pas gentil ! »… au moment où nous découvrons qu’un copain chien boite…
Nous savons enfin le but de leur « visite » lorsqu’un OPJ (?) nous demande depuis combien de temps K (copain interdit de séjour absent du lieu depuis des mois...) est parti de la maison, en nous parlant d’une photo qui le montrerait ici il y a quelques jours… Nous l’avons vu avant-hier à plusieurs heures de route d’ici ! La conversation se termine sur nos rires.
Pour finir, un chien a mal à une patte, nous n’avons plus de porte d’entrée et ils ont eu le culot de nous souhaiter une bonne fin de journée…


Heureusement, nous étions ensemble, nous avions nos sourires, nos regards, la certitude commune d’être à notre place et de faire quelque chose de juste. Certaines d’entre nous ont vu recommencer cette fameuse journée du mois de juin, le jour de la dernière perquisition, où nous avions passé TOUTE la journée en plein soleil, avec juste la nourriture et l’eau que des copaines avaient pu nous amener en contournant le village, pendant qu’ils retournaient tout dans cette maison que des personnes habitent. Nous nous étions retrouvé.e.s après 12 heures dehors, épuisées, sonnées, sans un comprimé de paracétamol, sans un pansement… nous attendons toujours le papier qui les autorisait ce jour-là à voler la totalité de notre réserve médicale tout à fait légale.
Nous avons mis, pour certaines d’entre nous, des jours à remettre de l’ordre non seulement dans la maison, mais aussi dans nos affaires plus que personnelles, intimes… et dans notre sommeil aussi parfois… Je ne parle pas des photos de famille dans nos téléphones portables que nous ne reverrons sans doute jamais...
Nous sommes chaque jour photographiées et filmées à n’importe quel moment de notre vie quotidienne, nous avons, par jour, plusieurs dizaines de passages de voitures de gendarmerie de tout type devant la maison (deux passages à chaque fois avec un demi-tour en haut du village), nous sommes contrôlés même lorsque nous promenons nos chiens aux alentours, parfois plusieurs fois par jour par les mêmes gendarmes…etc... Nous vous épargnons mille et un détails de ce petit jeu odieux...
Le but de ce harcèlement est de nous éloigner ; soit par les interdictions successives de territoire (certains même parfois interdits de leur domicile), soit par la pression qu’ils mettent au quotidien… pour que pendant ce temps l’état, par l’intermédiaire de l’andra puisse tranquillement continuer les travaux de ce projet criminel, qui ne profitera qu’aux comptes en banque des financiers sans conscience qui nous gouvernent.
Nous servons d’épouvantails qui attirent l’attention pendant que les technocrates nous tuent au nom de leur seul profit !

Ce qui ne nous empêche pas de rester ICI, nous ne sommes pas prêt.e.s à lâcher l’affaire : Cigéo, c’est NON ! Ni ici, ni ailleurs !!!!!