Le piège du « Référendum d’Initiative Citoyenne »



En quelques jours, c’est devenu la principale revendication portée par de nombreux groupes de gilets jaunes, à tel point qu’un drapeau bleu blanc rouge réclamant le RIC a pris la tête de la manifestation nancéenne du 15 décembre.

Le sujet, repris par de très nombreux médias, a largement éclipsé les revendications sociales qui avaient pu émerger au cours des semaines précédentes : hausse du SMIC, des minimas sociaux, rétablissement de l’ISF, etc. L’enjeu serait de répondre au « malaise démocratique » en rendant au peuple sa souveraineté.

Cette revendication constitue un recul dans l’évolution du mouvement, au sein duquel semblait se dessiner un clivage de classe, entre d’une part les galériens des ronds points qui réclamaient plus de services publics et alertaient sur leur impossibilité de finir le mois, et d’autre part celles et ceux qui protestaient uniquement contre les « charges » et les « taxes ». En témoigne l’interview de Maxime Nicolle, l’une des figures du mouvement, le 15 décembre : devenu un défenseur du RIC, il s’inquiète des conséquences qu’aurait une augmentation des salaires pour les entrepreneurs et les patrons matraqués par les « charges », et se déclare favorable à un changement de fond du « système ». Changement qui passerait donc par l’instauration de ce référendum d’initiative citoyenne.

Pourtant, comme le rappelle le site 19h17.info, les référendums sont avant tout le terrain de jeu des politiciens, même quand ils sont « d’initiative citoyenne » :

Qui a les moyens de faire des campagnes électorales ? Qui peut débourser des millions pour tout cela ? A une heure ou l’argent n’a jamais été aussi important dans le processus de réunions des suffrages, ou ce sont des milliardaires qui gagnent les élections, qui peut croire qu’une campagne électorale est le lieu ou les exploités, les galériens vont se faire entendre ?

Les référendums sont avant tout de grands moments de propagande, et la propagande a un coût : l’équipe de campagne en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne a dépensé près de 8 millions d’euros. Et cette campagne pour le Brexit a vu proliférer toutes sortes de mensonges, pour certains à connotation clairement raciste (risque d’invasion migratoire, etc.).

Le référendum à l’heure des algorithmes

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