Annonce de la suppression de 400 postes au CHRU de Nancy

Nancy |

Ce lundi a été confirmée une nouvelle suppression de postes au CHRU de Nancy, 400 selon les premiers chiffres.
Cette mauvaise nouvelle, une de plus, intervient alors que les aides promise par l’Etat dans le cadre du COPERMO (Comité interministériel de PERformance et de Modernisation des offres de soin) en début d’année ne sont toujours pas arrivées, la commission devant valider les 120 M€ d’aides étant de nouveau repoussée à octobre ou novembre.

Cette annonce incompréhensible intervient alors même que le CHRU enregistre une hausse d’activité de 1,2 % depuis le début de l’année et après quatre ans d’austérité à l’hôpital. En effet, de 2014 à 2017 celui-ci a subi pas moins de 40 restructurations, supprimant 400 postes au total et fermant 284 lits [1].

Sur le terrain, de nombreux services sont au bort de la rupture.

Le service de blanchisserie en est un bon exemple. Depuis fin 2017, le CHRU a amorcé la prise en charge progressive du linge de St Nicolas de Port, de Toul, de Lunéville et d’autres établissements du Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) ce qui engendre une augmentation de la charge de travail de plus de 4 tonnes de linge par jour ! Cette surcharge d’activité devait s’accompagner d’un renouvellement des équipements ainsi que d’un renfort de personnel.

Mais en réalité cela a mené à une situation aberrante où le linge sale de certains services à Louis Mathieu ou à l’hôpital d’enfants n’était plus nettoyé et restait stocké dans les dépôts (jusqu’à 181 chariots) pendant que dans une logique toute commerciale, "tu payes, je lave", le linge venant des établissements extérieurs était priorisé.

Les nouveaux outils de production n’arriveront qu’en fin d’année.
Pour ce qui est de l’organisation du service et du recrutement, il a fallu une opération coup de poing du personnel le 24 mai dernier pour obtenir un seuil minimal de production de 45 agents pour le traitement de 13,7 tonnes de linge journalier et des renforts en personnel (seulement 5 contractuel·le·s, qui disparaîtront avec la modernisation des machines).

Même constat au service de stérilisation Sterilorr. En 2016, 1,6 ETP (équivalent emploi temps plein) a été supprimé pour faire des économies et réduire la dette du CHRU. Mais cela ne s’arrête pas là, depuis mars 2018, en plus de son travail habituel, le service traite maintenant le matériel d’odontologie, un surplus de travail qui nécessiterait l’embauche de deux personnes supplémentaires que la direction, pour des raisons économiques, ne souhaite pas recruter.
Ajoutons à cela quatre agents de journée en arrêt maladie depuis plusieurs mois qui ne sont pas remplacés et que la nuit l’équipe se retrouve souvent en sous-effectif car du personnel manque aussi.
Pour mener à bien leur mission, la cadre, les deux pharmaciens ainsi que l’interne sont souvent obligées de mettre la main à la pâte.

Ces conditions de travail ont amené le service à se mettre en grève reconductible depuis lundi 18 juin [2] pour réclamer du personnel supplémentaire (6 Aides Soignant·e·s, 1 Agent des Service Hospitalier et 2 infirmier·e·s). La direction est encore en train d’étudier le dossier [3].

A cela il faut encore ajouter le fait qu’il manque trois infirmièr·e·s anesthésistes aux blocs de l’Hôpital Central. La solution de la direction ? Fermer un bloc. Les malades attendront pour être opéré·e·s.

Sans oublier le manque d’ASH, les équipe d’infirmier·e·s et aide-soignant·e·s exclusivement composées de remplaçant·e·s, les 100 000 patient·e·s des urgences qui, depuis début 2018, ont passé la nuit sur un brancard, faute de lits disponibles...

On comprend bien que les efforts fait par le personnel de la fonction publique hospitalière ne seront jamais suffisants au yeux des politiques et que seul un mouvement large et non plus service par service, hôpital par hôpital, permettra de faire reculer cette politique déconnectée des besoins des patient·e·s. On ne peut pas faire d’argent avec la santé des gens.

Mais il semble que ce mouvement ne pourra se faire qu’en se détachant des syndicats réformistes.
Dans l’article de L’Est Republicain du 29 juin, on apprend ainsi que la CFDT ne s’oppose pas à la suppression de ces 400 postes, elle demande simplement que l’ensemble des services du CHRU soient d’abord rassemblés à Brabois grâce à l’argent du COPERMO.

Le ministère peut dormir tranquille.



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