S’ils expulsent la jungle : 19h place Maginot !

Nancy |

Comme depuis plusieurs années déjà, la situation à Calais (et ailleurs en Europe) se dégrade continuellement pour les réfugié-e-s et personnes sans papiers. La menace d’expulsion de la "jungle", sous vernis humanitaire, ne fera qu’empirer les choses. Un appel ici à se rassembler le jour de l’expulsion de la jungle, 19h, place Maginot à Nancy.

Que se passe-t-il ?

Aujourd’hui aux alentours de 10 000 personnes (sur)vivent dans la jungle. La plupart d’entre elles, voulant se rendre en Angleterre, sont bloquées par ces foutues frontières. L’Etat français les enferme derrière des grilles, et plus récemment un mur de 4 mètres de haut. Il les attaque à coups de lacrymos et de flashballs, fait pression sur les commerces vitaux de ce bidonville, laisse à l’abandon un millier de mineurs, etc. Une première phase d’expulsion, elle aussi qualifiée "d’humanitaire" et "sans incidents majeurs", a déjà eu lieu début mars de cette année. Il s’agissait alors de vider la partie sud et l’expulsion s’était soldée par de nombreux blessés, la mise à feu de cabanes d’habitation, et le décès d’un exilé soudanais.

Aujourd’hui, les flics ont un quota de 80 raflés par jour sur le Calaisis. Ces personnes raflées sont ensuite envoyées dans des CRA (Centres de Rétention Administrative = prisons pour sans-papiers) en attente d’un éventuel renvoi vers leurs pays d’origine. Lors de l’expulsion, ça sera 50 à 60 bus par jour qui partiront de la jungle, que ses habitant-e-s le veuillent ou non...

Par la suite, le risque d’être expulsé sera très grand. Si la personne ne désire pas faire sa demande d’asile en France (parce qu’elle désire rejoindre l’Angleterre, par exemple) : expulsée ! Et si la personne veut bien faire une demande d’asile, alors elle s’engagera dans un long processus pour lequel rien ne garantit pour autant que l’Etat l’autorisera à vivre ici. Par exemple, si l’Etat découvre que la personne a déjà donné ses empreintes dans un autre pays de l’Union européenne, alors il l’expulsera dans ce pays…

Que faire ?

La politique que mène l’Etat aujourd’hui ne pourrait être si efficace sans le concours d’entreprises privées collaborant sans vergogne (construction du mur, transport de réfugiés, logistiques dans les CRA, etc.). Une manière de lutter contre ces politiques tout en habitant loin de Calais (ou d’autres points de passage comme Vintimille) est donc de s’en prendre à ces infâmes sous-traitants dont on peut trouver une petite liste suivant ce lien.

Aussi, aujourd’hui une polémique sur l’accueil ou non de ces réfugié-e-s dans les "villes et villages de France" a pris forme dans les médias ces dernières semaines. Sur Nancy et le département, il y aurait 90 exilé-e-s qui viendraient s’installer les prochaines semaines, sans trop que l’on sache si ces personnes seraient "volontaires" ou s’il s’agit de futur-e-s déplacé-e-s de force. En attendant, des collectifs fachos se sont déjà constitués afin que ces personnes ne se sentent pas les bienvenu-e-s…

Un idée serait de rompre l’isolement des exilé-e-s de façon à ce que ces personnes ne se sentent pas entourées de nazis uniquement, et surtout afin d’établir un lien de confiance pour qu’aucune expulsion ne se fasse sans remous (ou bien ne se fasse tout court). Concrètement, à chaque menace d’expulsion il s’agira d’être présents en nombre et de mettre des bâtons dans l’engrenage de la machine.

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Pour commencer, un appel à se rassembler 19h place Maginot le jour de l’expulsion de la jungle est lancé. Pratiquement, le jour de l’attaque de la jungle, si vous êtes mis-e au courant, pensez à prévenir le maximum de personnes intéressées (chaînes de sms, mails, etc.) de façon à ce que l’on soit nombreux le soir même sur la place.

Cet appel n’est porté par aucun collectif.
On s’autogère donc pour les banderoles et autres ustensiles !

NO BORDER ! REFUGEES WELCOME !

Plus d’infos ici et .