Qui veut noyer sa rage... accuse son voisin (proverbe grosgnonesque)

Nancy |

Ville à vendre !

Après avoir mis en vente le palais des congrès, la mairie de quartier des Trois-Maisons, etc., Hénart continue à dilapider les bijoux de famille. Prochaine sur la liste, l’annexe de la MJC des Trois-Maisons, annexe qui représente la moitié de la superficie des locaux, va sans doute être bradée, elle aussi, sur l’autel de l’optimisation fiscale de la Ville et des profits des bétonneurs. La mairie a d’ailleurs demandé que les ateliers pour les artistes en résidence ne soient pas reconduits l’an prochain et envisagerait d’autres lieux pour certaines activités… Il est vrai que le quartier est bien trop peu attractif et qu’un beau bloc de béton avec appartements et, pourquoi pas, des surfaces commerciales revivifieraient cette partie déshéritée de la cité. Mais tout cela ne va pas rapporter si gros, aussi suggérons-nous à notre bon maire de s’inspirer de l’annonce parue il y a deux ans dans Le Bon Coin, qui proposait de céder au premier offrant l’hôtel de ville pour la modique somme de 65 millions d’euros. Si l’ancienne municipalité avait porté plainte, c’est en raison de son manque de courage vis-à-vis des impôts, mais Hénart, lui, ne devrait pas reculer. Et pourquoi ne pas mettre en vente cette saloperie de Musée lorrain dont le fameux mur risque de ruiner les projets fastueux de la mairie ?

Monnaie de singe

L’office de tourisme a, quant à lui, trouvé une manière plus originale de participer à l’effort d’assainissement des finances locales : il va vendre de la fausse monnaie. Un beau billet de 0 €, avec le dessin des grilles de la place Stan, qui sera proposé pour la modique somme de… 2 €. Quitte à vendre du vent, pourquoi ne pas proposer celui de la rue Stanislas, ou celui de la place Thiers ? Allez, 2 € les 10 minutes de courant d’air !

Le Soleil ne se couche jamais sur l’Empire nord-coréen

Kim Jong-un, qui vient d’être sacré « Grand Soleil du xxie siècle », est un des leaders suprêmes dans la mondialisation économique. En association avec des dirigeants d’entreprise de toutes sortes de pays, il a développé le concept de « délocalisation à domicile ». Jusqu’alors, une délocalisation coûtait relativement cher, il fallait déménager les usines. Maintenant, il suffit de faire venir des travailleurs nord-coréens sur place et, pour un salaire imbattable, ils bosseront jusqu’à 12 heures par jour, sans jamais faire grève. Ils seraient ainsi entre 50 000 et 200 000 à trimer à l’étranger, le tout pour le plus grand profit du régime qui prélève entre 80 % et 90 % du salaire, sous forme de retenues, mais aussi de « cadeaux » faits au Leader suprême. Ils vivent chichement dans des camps installés à proximité immédiate de leurs lieux de travail. Bien sûr, c’est d’abord dans des pays proches, Chine et Russie, que la Corée du Nord exporte ses camps de travail. Mais pas seulement. Les pays du Golfe sont très friands de cette main-d’œuvre (ils seraient 2 000 à travailler sur les chantiers de la prochaine Coupe du monde de foot au Qatar). Malte et la Pologne sont aussi des destinations pour ces nouveaux touristes de la trime (800 en Pologne dans des exploitations agricoles et des chantiers navals). En Corée du Nord, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées, et un visionnaire à la tête du Pays, le vrai « Grand Soleil du xxie siècle ».

Ce soir, j’aime la Cégét

Eh oui ! Et pourtant c’est rare ! Mais les affiches, « choquantes » dixit le sinistre de l’Intérieur, de la CGT info com’contre les violences policières, ça fait quand même plus plaisir que le faquin en habit vert-de-gris, qui est allé faire de la provoc’à Nuit Debout. Vous savez, l’agrégé de lettres et philosophe autoproclamé qui veut faire rentrer « Gnagnagna ! » dans le dictionnaire de l’Académie française…

Surpêche

On a tous l’image du pêcheur contemplatif, voire un peu méditatif, la canne à la main passant quelques heures au bord de l’eau, pour ramener quelques poissons. Mais ça, c’est bon pour les retraités, les vieux. Dans les loisirs, il faut être productif ! Alors, depuis quelque temps, on peut voir sur les rives de la Meurthe ou du canal trois, quatre, voire cinq cannes côte à côte sur un support. Car enfin, il faut que ça rapporte. Et effectivement on les voit rapporter toutes sortes de trucs : vieux cartons, bouts de bâches, bouteilles en plastique et même des roues de vélos et autres enjoliveurs de voitures, le tout dégoulinant de vase. Ah ! Y a rien à dire, c’est un sport poétique, la pêche…

Un p’tit tour et puis s’en va…

En l’espèce et en espèces sonnantes et trébuchantes, ce ne fut pas vraiment un p’tit tour. Mais, là, c’est clair, il s’en va. Qui ? L’ex-butteur de l’ASNL, puis des Verts, devenu dirigeant blanc comme neige, mais ça fond au soleil la blancheur et la probité, de l’UEFA et de la FIFA, et, par ailleurs, détenteur de fonds dans des paradis fiscaux, grâce au cabinet panaméen Mossack Fonseca. En un mot, Platini est viré du foot mondial pour quatre ans… Mais on vous assure, il a vraiment fait un vrai boulot scellé par un vrai contrat oral et a été vraiment payé la modique somme de 2 millions de vrais francs suisses. Un mec honnête, quoi !

Gros Gnon
[Article paru dans RésisteR ! #42, mai 2016]