La fac était déjà bloquée, par le conseil d’administration !

Nancy |

En 2007, la loi LRU (pour Libertés et Responsabilités des Universités) a été adoptée. C’est un nom qui sonne bien, un peu comme la loi ORE aujourd’hui (pour Orientation et Réussite des Etudiants). Ben oui, il faudrait être complètement fou pour être contre la liberté et la réussite, non !? Ah, com’ politique et éléments de langage quand tu nous tiens ! Mais intéressons-nous plutôt au contenu de la LRU. Derrière ce joli nom se cache ce que l’on a appelé l’autonomie des universités (ah l’autonomie, l’indépendance, encore de beaux termes qui sonnent tellement bien). Pour faire simple, avant 2007, le ministère était responsable du budget et des emplois et les universités s’occupaient principalement d’enseignement et de recherche. Leurs missions de base donc. Depuis 2007, le ministère leur verse des sous et leur attribue des emplois et c’est à l’université de faire ses propres arbitrages pour équilibrer le budget. Formidable ! La liberté, la responsabilité ! Les universités vont enfin pouvoir faire leurs propres choix au bénéfice des étudiant·e·s.

Oui, mais ça, c’est pour la théorie… En pratique, le financement versé par le ministère n’a jamais été à la hauteur des besoins et la LRU a fait des présidents d’université des sortes de PDG gérant les universités comme des entreprises. Les universités se sont alors mises à fusionner pour essayer de résoudre leurs problèmes de financement et parce que le ministère leur promettait des pépettes en plus si elles se regroupaient bien gentiment. C’est ce qu’il s’est passé en Lorraine. Avant 2012, il existait quatre établissements distincts : l’université Henri Poincaré, l’université Nancy 2, l’institut national polytechnique de Lorraine et l’université Paul Verlaine de Metz.

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