« J’ai honte Mme Belloubet, honte pour vous, honte de ce mépris »

Nancy |

Déclaration lue par une représentante des Amajaunes au rassemblement co-organisé avec la FSU 54, l’Unef, Solidaires 54, vendredi 8 mars à Nancy, pour la journée mondiale de lutte pour les droits des femmes.

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« Depuis 1810, le viol est considéré en France comme un crime.
En France, la seule et unique juridiction compétente pour juger les crimes est la cour d’assises.
À partir de là, le viol ne peut donc être jugé en correctionnelle.
Le tribunal correctionnel n’est pas compétent pour juger des crimes, il ne peut juger que des délits.
Mme Belloubet, ministre de la Justice, propose de désengorger les assises et donc que les viols soient jugés en correctionnelle.
Ne nous voilons pas la face, les peines encourues, les délais pour préparer le procès, la rapidité des procédures feront que ces viols seront banalisés.
Evidemment les victimes pourront faire appel et leur procès pourra être rejugé aux assises.
Afin de faire des économies, Mme Belloubet, vous méprisez ces victimes.
Mme Belloubet, connaissez-vous le parcours de ces victimes de viol ?
Mme Belloubet, pouvez-vous ne serait-ce qu’imaginer le fait de raconter son histoire lors du dépôt de plainte, ensuite les passages chez les différents médecins, gynécos, psychologues ?
Puis arrivent les procédures, les rendez-vous chez l’avocat, et là, lire et relire les dépositions, revivre encore et encore ce cauchemar.
Certes les procédures aux assises sont longues, mais ce temps du procès permet à la victime de se reconstruire, d’être plus forte, de préparer correctement son procès.
Mme Belloubet, sous couvert d’économies, par votre mépris, par le fait de banaliser ces crimes, vous maltraitez à nouveau ces victimes.
Nombreux viols et agressions sexuelles sont déjà jugés en correctionnelle car on sait combien il est encore difficile en France en 2019 de prouver ces viols.
Et vous, Mme Belloubet, lorsque le viol est avéré, vous voudriez qu’il ne soit plus qu’un simple délit !
Oui Mme Belloubet, car nous savons tous que les jugements en correctionnelle ne seront jamais à la hauteur des peines encourues aux assises.
J’ai honte Mme Belloubet, honte pour vous, honte de ce mépris, honte de votre manque d’empathie face à toutes ces victimes de viol.
Mme Schiappa, comment après la loi que vous avez passée pour mieux protéger toutes ces victimes de viol, pouvez-vous accepter cela ?
Comment tolérer et justifier que le viol ne soit plus qu’un simple délit ?
NOUS, FEMMES DU MONDE, CRIONS HAUT ET FORT QUE LE VIOL EST UN CRIME ET DOIT LE RESTER, ET ÊTRE JUGÉ COMME TEL. »

Les Amajaunes du 54

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