If you move, you die !



Quelques personnes m’ont conseillé « d’aller voir un film sud-coréen qui a gagné la palme d’or et a rempli les salles » de ciné d’art et essais. Ces salles où ça nous est déjà arrivé de regarder le film à quatre. En achetant mon billet pour Parasite, je m’attendais à une histoire où se déclare la guerre de classe.

Au début du film, les caractères des personnages provenant des classes opposées et leurs comportements me faisaient rire. Plus le film passait, plus mon visage se décomposait face à la violence physique et symbolique. Là où le public riait encore, je me sentais étouffée. Je fermais les yeux, mais le son me laissait imaginer les hémorragies internes et les bris d’os.

Qu’est-ce que Parasite fait penser au film La Servante de Kim Ki-young réalisé en 1960 et son remake The Housemaid fait par un autre réalisateur Im Sang-soo, sorti en 2010. Deux classes opposées, dont l’une reflète le modèle de la réussite sociale et l’autre rame en espérant une ascension sociale, se rencontrent dans un espace privé où les rapports de pouvoir escaladent dans la violence. Le thriller, entre deux lignes, défend un modèle de famille bourgeoise et véhicule les valeurs patriarcales, tout en rappelant qu’ils sont inébranlables.

L’extrait de texte au début du livre « Se défendre » d’Elsa Dorlin décrit le supplice d’un condamné enfermé dans un dispositif qui lui infligeait des blessures atroces à chaque fois qu’il entreprenait d’accéder à la nourriture pour survivre à la faim. Dans ce film, plus la famille essaye d’améliorer ses condition de vie, plus ses membres s’enfoncent dans un tourbillon de galères et asservissement. Il est difficile de dire que je n’ai pas apprécié le film, tant pour les jeux d’acteur et l’effet que produit le film. Je me suis quand même demandé si ces images n’étaient pas une sorte de guillotine, que tout le monde regarde et, inconsciemment, intériorise la crainte des classes dirigeantes et la violence qui guette les perturbateurs de l’ordre social ?

POST-TOUR DEPRESSION - Des fragments de la scène punk DIY.

déf. le terme post-tour depression, en anglais désigne l’état psychologique à caractère dépressif après une tournée.



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