GCO : Pouvoir de nuisance... sur la route de Vinci

Strasbourg |

A l’est, du côté de Strasbourg, depuis plusieurs semaines, la présence des gendarmes est devenue une habitude autour des chantiers préparatoires de Vinci. On se demande pourquoi…

Lundi 26 mars 2018, peu après 8h, une vigie sur le chemin du travail signale la présence de trois véhicules de gendarmerie à proximité du verger, sur les hauteurs de Kolbsheim, au niveau du lieu-dit Am Wasserturn, proche de la D114, dans un secteur proche de la ZAD du moulin, zone à défendre installer sur la route de Vinci. Une présence des forces de l’ordre de plus en plus fréquente.

Ce matin-là, des agents de Fondasol, prestataire pour le compte d’Arcos/Vinci, en charge des sondages géotechniques, se sont une nouvelle fois approchés de la ZAD.

Retour sur la mobilisation…

En milieu de matinée, des zadistes, aidés progressivement par des villageois et militants anti-GCO, ont bloqué l’installation d’un chantier de forages – voir le fil info sur le site de la zad ici. Parmi les gendarmes présents, des éléments du PSIG avec qui les opposants ont déjà été confrontés et qui s’était soldé par deux interpellations. C’était le 7 mars dernier.

Malgré leur présence, la trentaine d’opposants ont réussi à empêcher le chantier de se déployer. Vers 11h, pour des raisons de sécurité (la foreuse était restée sur le camion), les ouvriers de Fondasol ont eu ordre de remballer le matériel et de retirer les grilles qu’ils avaient commencé à installer. Officiellement, la machine était en panne, a-t-on appris le lendemain dans les Dernières Nouvelles d’Alsace. Dans la réalité, c’est la rapide mobilisation qui a contrecarré le bon déroulement des opérations. Sauf que Vinci ne peut pas l’avouer publiquement. Donner du crédit aux opposants n’est pas dans leur habitude.

Nouvelle victoire… de courte durée.

Pour les zadistes, pas le temps de savourer leur petite victoire dans ce jeu d’usure débuté en septembre 2016 par la première confrontation sur le terrain avec Vinci (cf blocage d’un forage illégal à… Kolbsheim). Non loin de la zone d’action, un autre chantier de forages avait eu le temps de se mettre en place. Un chantier en pleine zone de protection stricte du grand hamster. Alsace Nature, informée de la situation, a fait savoir qu’Arcos avait les autorisations préfectorales pour agir, l’arrêté l’autorisant à travailler en zone de protection jusqu’au 1er avril… Depuis, une surveillance a été mise en place.

Quels enseignements à tirer des événements ?

Les opposant s’interrogent sur les enseignements à tirer des événements sur le terrain où les confrontations sont de plus en plus fréquentes.

Ils savent que leurs détracteurs, dit « pro-GCO et personnes bien-pensantes », s’agacent de les voir continuer la lutte. Pour preuve, l’arrachage et le vol de nombreuses banderoles au coeur du Kochersberg, autour des communes sur Pfulgriesheim, survenus tout récemment. Avec le feu vert politique donné par l’État à Vinci lors de la prorogation de la Déclaration d’utilité publique (DUP) le 23 janvier dernier, ils aimeraient les voir rentrer chez eux. Pour les anti-GCO, il n’est pas question de baisser les bras. Au contraire, pour eux, « ce n’est pas parce que c’est signé, que c’est plié ». Et d’ajouter : « aujourd’hui, quoique puissent dire les porteurs du projet, rien ne leur garantis d’avoir l’autorisation finale. Et quand bien même ils l’obtiennent, tous les recours juridiques et européens ne sont pas épuisés. La bataille n’est pas évidente, mais nous restons DÉ-TERRE-MINÉS. »

La confrontation qui a eu lieu lundi 26 mars, comme d’autres ces dernières semaines, agace Vinci et montre leur pouvoir nuisance, bien connu sur d’autres lieux de lutte, un mal nécessaire face à l’obstination d’élus convaincu d’avoir raison là où l’évidence environnementale démontre le contraire.

Ils appellent à la résistance sur le terrain et invitent à participer massivement à l’enquête publique dans le cadre de la loi sur l’eau sur le volet environnemental du projet du 4 avril au 11 mai.

zaddumoulin.fr