Carnet de notes #0



Savoir quand s’arrêter et attendre peut faire partie de l’activité révolutionnaire. Il peut être important de savoir comment et quand faire grève pour le maximum d’efficacité, mais aussi comment et quand NE PAS faire grève. Les activistes ont cette attitude du « nous devons faire quelque chose MAINTENANT ! » qui semble nourrie par la culpabilité.
— Extrait de "Give Up Activism", Andrew X., 1999, http://kropot.free.fr/AndrewX-Aband....

Dans son texte « Give Up Activism », écrit en 1999, Andrew X. critique les « activistes » qui font des « campagnes » sur des « thèmes », qui se font « experts de lutte ». Aujourd’hui on rencontre les problèmes similaires. L’envie de s’organiser contre le capitalisme et les injustices sociales ne manquent pas. Depuis les blocages des facs, des nombreuses personnes ont partagé leurs expériences de luttes et des idées en espérant que le mouvement prenne forme, que « tout le monde descende dans la rue » dans une sorte de convergence. Le mot « convergence » revient régulièrement dans nos discours, par contre nous ne convergeons pas encore. Pendant les reunions, il est difficile de savoir s’il s’agit d’inviter un maximum de monde à participer à une lutte ou s’il s’agit des campagnes lancées par les groupes formelles qui de temps en temps appellent un maximum de monde à se rallier à leur cause. Donc d’un côté il y a une envie de converger, de l’autre rester dans un entre-soi. « L’entre-soi » est souvent confondu avec les « groupes affinitaires. » Les groupes affinitaires se forment pour mener des actions précis de manière anonyme, c’est stratégique. L’entre-soi, c’est relationnel. En vue de créer une convergence, rien n’empêche d’agir en groupes affinitaires, ni l’entre-soi d’ailleurs, par contre il est important de mettre en place des structures matérielles et organisationnelles, pour permettre de créer le réseau entre les personnes qui ne partagent pas les mêmes points de vue et moyens d’action, mais ont aussi envie de smash down capitalism.

Je ne pense pas qu’il faut sous-estimer la capacité des gens [...] S’ils voient que la rue est en feu, ils pourraient être prêts à lancer eux aussi un molotov. Si la rue n’est pas en feu, tu peux dire dix mille fois « il faut mettre le feu à la rue » et rien ne se passera. Parce que ce sont des paroles, d’ailleurs non pas sans parallèle avec le système qui dit « consomme, consomme, consomme » et nous alors « révolte, révolte, révolte ».
— Extrait de « A bas maxi-prison. Rencontres sans frontières du 29 septembre au 3 octobre 2015. Transcription de quelques débats : L’heure de la révolte. » Contribution à la lutte contre la construction d’une maxi-prison à Bruxelles, 2015.

Nous avons certaines attentes les un·e·s envers les autres. Nous attendons même les un·e·s les autres dans une immobilité sans savoir qu’est-ce qui empêche d’agir. Cet empêchement crée un sentiment de frustration et nous mène vers l’incapacité de nous organiser, alors que le but est de s’autonomiser face aux systèmes d’oppression.

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