1er mai 2019, Nancy ville à risque ?

Nancy |

D’apres France info Nancy était classée "ville à risque" pour ce qui était des manifestations du premier mai. Au vu de l’activité militante de gauche moyennement active sur la cité ducale on pouvait douter de la véracité de l’annonce. La seule chose pouvant justifier ce classement a dû être l’annonce par les Gilets Jaunes locaux qu’illes se joindraient au cortège syndical pour cette journée internationale des travailleur-euse-s.

Il faut dire que la détermination des GJ lorrains n’est plus à démontrer. Après Epinal où illes avaient déjoué les plans du préfet c’est à Nancy qu’illes ont recommencé et toutes les précautions prises par Eric Freysselinard n’y ont rien changé. Le périmètre de sécurité déployé autour du centre ville n’a pas tenu malgré les interdictions de manifester.

Deux rendez-vous, un GJ place Carnot, un syndical place Dombasle, séparés seulement par une rue mais une seule manif. Un risque de débordement pour le préfet qui s’est empressé de nous répondre par des arrêtés interdisant toute manifestation dite de "gilets jaunes" sur Nancy.

De son côté l’UL CGT a répliqué par un texte [1], c’est ainsi que la la CGT a annoncé sont soutien aux GJ en dénonçant l’interdiction de manifestation, une stratégie pour diminuer la taille de la manifestation et le cas échéant donner le droit aux forces de l’ordre de la réprimer, le cortège Gilets Jaunes en premier lieu.

Avec ce rapprochement on pouvait donc imaginer différentes actions voire des départs en manif sauvage.

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Et la journée avait bien commencé avec un soleil radieux et l’apparition durant la nuit d’affiches dénonçant le décalage entre ce que vivent depuis cinq mois le peuple d’un coté et les dirigeants de l’autre, avec des photos de la répression féroce sur un mur puis celles de Macron au ski sur le suivant.

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L’arrivée place Dombasle a pu se faire sans problèmes mais aux abords de la place Carnot il y avait beaucoup de flics avec fouille de tout ce qui pouvait ressembler à un GJ ou un "streetmedic". Mais ça n’a pas empêché ces derniers de se faire discrets et de rejoindre le cortège durant le départ de la manif.

C’est un cortège bigarré de 3000 personnes environ qui est descendu rue St Jean, avec des GJ donc, mais aussi la communauté kurde toujours très présente les 1er Mai, Lutte ouvrière, la FI, les étudiants et profs en lutte, les libertaires moins impressionnants que l’année dernière et bien-sûr la CGT en tête.

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L’ambiance est festive, les GJ, sans sono se font plutôt bien entendre avec des « Ah, Anti, Anticapitaliste » et des « Le préfet démission ». Sur notre passage on peut apercevoir la préfecture, gardée par des grilles mobiles et des forces de l’ordre. Un classique depuis le début du mouvement social des GJ.

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Mais c’est très rapidement que les promesses d’une journée combative se sont évanouies, le parcours fut ridiculement petit avec une CGT disparaissant façon NINJA une fois arrivée place Monseigneur Ruch, devant la cathedrale laissant le reste du cortège encore motivé rue St Jean ne se rendant compte que la fête était finie qu’après plusieurs minutes à stagner. Ça se tâtera mais pas de manif sauvage non plus.

Beaucoup de monde reste sur sa faim. La prochaine fois peut-être...



Notes

[1Attachée au droit de manifester et de contester les politiques aux services des 1% les plus riches et des grandes entreprises capitalistes, l’union locale dénonce l’interdiction faite par le préfet aux Gilets Jaunes de manifester demain 1er Mai à Nancy.
En ciblant les Gilets Jaunes qui souhaitaient, à notre connaissance, rejoindre le cortège syndical, le préfet espérait :
- diviser les Gilets Jaunes des syndicalistes combatifs et des militants des autres organisations présentes à la manifestation,
- diminuer la taille de la manifestation,
- le cas échéant pouvoir réprimer la manifestation, le cortège Gilets Jaunes en premier lieu bien sûr.
Mais à la lumière de la répression qui est menée dans le pays depuis plusieurs mois, et qui dans certaines villes (Paris, Toulouse, Marseille, etc.) s’abat déjà aussi sur les militants syndicaux, qui peut croire que les forces répressives ne s’en prendront pas aux militants syndicaux ?
A l’union locale CGT nous nous battons pour l’unité d’action entre toutes celles et tous ceux qui veulent véritablement en finir avec cette politique qui depuis trop longtemps dégrade les conditions de vie et de travail de la majorité de la population.
Nous sommes par conséquent solidaires des Gilets Jaunes.

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