Vive la guerre !



WAR IS OPEN ! WAR IS HERE ! WAR IS YOUR FRIEND !

Bonjour,

Aujourd’hui c’est la guerre.

One hundreds years later, on fête l’armistice. C’est génial ! La Grande Guerre permet à tout le monde de dire que la guerre c’était effroyable, que la guerre c’était horrible avant et que aujourd’hui on est quand même bien dans ce pays où la guerre est finie.

L’édito du Maire de Nancy, paru dans le journal de la ville « édition spéciale guerre » allait dans ce sens : utiliser une guerre passée pour dire au présent à quel point c’est mal la barbarie. Je trouvais ça étrange un édito condamnant la guerre de la part d’un élu qui quadrille son défilé de la saint-Nicolas de militaires avec des Famas.

C’est finalement cohérent. Les mots d’élus n’engagent à rien, surtout pas à lutter contre l’hypocrisie comme l’a magnifiquement prouvé Macron, en invitant Trump et Erdogan à fêter la paix au pays de Dassault et du savoir faire contre-insurrectionnel. En écrivant ces quelques lignes je ne veux pas dire ce que le lecteur ou la lectrice de Manif’est sait déjà à propos des vendus qui veulent à tout prix diriger nos vies. Je veux simplement souligner que la guerre est bien là, à côté, tout prêt, à quelques kilomètres et non à 100 ans de là.

Étant écologiste radical je me promène souvent à vélo. Un jour où l’été me faisait croire que la paix faisait chanter les rossignols je passais par la piste cyclable allant vers Toul le long de la Moselle. Je me souviens avoir été surpris par le fracas qui s’est abattu sur le silence de l’eau. Deux mirages venaient de fracasser l’air à quelques centaines de mètres au-dessus de moi. Ils se dirigeaient vers la base d’Ochey, où des militaires s’occupent avec bonheur de nos impôts. Je continuais ma route en essayant de ne pas laisser le bruit de ces engins de mort me pourrir mon après-midi, mais c’était sans compter sur le charme spirituel des amateurs de tir. Je ne sais pas s’ils fêtaient la dernière vente de mirage 2000 ou s’ils tiraient frénétiquement en l’air pour faire taire la nature, mais le vacarme était épatant. Je ne pu m’empêcher de penser que malgré le silence proclamé, la guerre faisait toujours un bruit assourdissant.
Ces bruits animent nos peurs, ils nous renvoient à une sorte de réflexe ancestral qui fait courir de frissons les enfants sous le tonnerre. Mais les enfants grandissent, hélas. On nous vend du pistolet en plastique et on nous propose des hobbies aussi cons que d’aller au stand de tir de Maron, d’où est extraite cette magnifique photo d’adolescent s’amusant le dimanche. Le plus terrible dans ces armes est la nonchalances de leurs utilisateurs. C’est au nom du sport qu’on s’amuse à tirer à balle réelle dans la forêt et c’est au nom de l’économie qu’on vend des chars au régime militaire égyptien. Les peuples d’Afrique du Nord n’ont pas fini de voir la couleur de nos machines de guerre.

Je me souviens d’un jour d’auto-stop pluvieux où c’est justement un aviateur de Ochey qui m’avait pris dans son auto. Il m’expliquait que ce qui l’aimait réellement dans ce travail c’était de pouvoir être au dessus des nuages en 2 minutes. Un poète ! Il m’expliquait également que c’était grisant de pouvoir se retrouver en Libye en moins de 2 heures et de pouvoir faire l’aller retour dans la journée.

Alors de quoi parle-t-on lorsqu’on célèbre les morts d’un conflit centenaire ? Des élans réactionnaires d’un président qui joue avec nos vies ? De l’ambiance militaire qui traverse nos sociétés ou des gens qui sont pénétrés dans leur chairs par des balles « made in France » ?
Non la guerre n’est pas finie. Les armistices sont les mi-temps des gouvernants et les écrans d’ordinateurs sont nos miradors. La guerre est divertissante pour qui veut aller au cinéma, elle est ludique pour qui veut aller à Maron le dimanche, elle est poétique pour le pilote de chasse, elle est meurtrière pour les inconnus qui jonchent la planète de leur corps appauvris.

Conclusion ?
Nous sommes dimanche 11 Novembre, ce soir je mangerai probablement une pizza dehors et en allant la chercher je croiserai plusieurs de ces beaux panneaux JC-Decaux qui m’invitent à m’engager dans la marine. L’alliance de l’état et du capitalisme au service du cerveau en poudre.
Vous savez, cette poudre qui sert à charger les fusils que sont nos têtes où se fabriquent le consentement à l’autorité. En revenant de la pizzeria, j’aurais peut-être l’occasion de croiser l’un de ces humains porteurs d’armes qui habillent si bien les trottoirs grisâtres comme la chevelure du maire de Nancy.

Nous mourrons chaque jour sous les ordres et ne pourront vivre que du refus de leurs autorités. Les vendeurs d’armes, les élus et les assassins de masses sont les mêmes personnes. Ils orchestrent la peur pour qu’on les élisent. Ils nous vendent des discours de paix avec le même entrain qu’ils marchandent des avions de chasse. Nous les croyons car nous regardons bien trop les télévisions-miradors alors que les vitres publicitaires n’attendent que d’être rencontrées, que les stands de recrutement n’espèrent qu’être visités et que les forums d’armement se languissent de ne pas nous voir débarquer.

L’antimilitarisme n’est pas mort avec le service militaire, il doit renaître de nos convictions qui nous poussent à nous confronter chaque jour un peu plus à cette guerre physique et psychologique mené par l’État capitaliste.

Anticapitalistes de tous les pays, mutinez-vous !



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