Rentrée et maltraitance institutionnelle



« Non-titulaires » : catégorie administrative de l’Éducation nationale regroupant de nombreux personnels (AESH [1], AED [2], Contractuel·le·s enseignant·e·s et administratif·ve·s) dont le point commun est d’être méprisé·e·s et maintenu·e·s dans une situation de précarité par un ensemble de facteurs : salaires indécents, temps incomplets imposés, instabilité professionnelle, carrière inexistante, pressions hiérarchiques constantes, oublis réguliers de la part de l’administration, gestion inhumaine (liste non exhaustive).

Cette rentrée 2020, avec ses conditions particulières, ne déroge pas à la règle…

Le manque de personnels est flagrant dans les écoles et établissements et pourtant l’administration n’y répond pas. Pire, elle l’aggrave en ne reconduisant pas de nombreux·euses collègues et en augmentant la pression sur les autres en exigeant une flexibilité toxique.

La généralisation des PIAL [3] pour les AESH à cette rentrée vise le même objectif : masquer le manque de personnels par une mutualisation forcée. Et cela sans se soucier de la hausse du nombre d’élèves notifé·e·s par les MDPH [4] et de leurs besoins. Cela dégrade les conditions de travail des AESH, utilisé·e·s comme une variable d’ajustement de l’école inclusive, tout autant que les conditions de scolarité des élèves, subissant bien souvent un accompagnement instable et discontinu.

Les AED et les AESH sont parmi les plus exposé·e·s aux risques sanitaires par leur proximité forte avec les élèves. Pourtant, les administrations locales ont une nouvelle fois montré leur mépris : le matériel de protection manque (ou est donné en priorité aux enseignant·e·s...), les tâches demandées au quotidien sont éloignées des missions initiales voire relèvent d’une mise en danger. Il nous a ainsi été rapporté, en vrac : la gestion des élèves malades, des pré-examens pour décider si oui ou non cela vaut le coup qu’un·e élève aille à l’infirmerie, la prise de température, le flicage du bon respect des gestes barrières…

Et pour ceux/celles qui refusent ou font entendre leur voix ? Les chef·fe·s sortent, comme lors du déconfinement, l’argument de « l’effort commun et nécessaire ». On peut se demander à quels efforts iels concèdent de leur côté…

Parce que ces situations sont inacceptables, parce que personne ne doit être traité·e de cette façon, parce qu’il faut en finir avec l’autoritarisme forcené de la hiérarchie, SUD Éducation Lorraine revendique l’arrêt du recrutement des personnels non-titulaires et la titularisation de toutes et tous, avec la création de vrais statuts de fonctionnaire, des salaires et des conditions de travail décents.

Ne nous contentons pas des miettes accordées ponctuellement par le ministère, ne nous laissons pas berner par les fausses avancées, mobilisons-nous massivement, par la grève et dans l’action, pour faire cesser toute forme de précarité !

Article paru dans SUD éducation Lorraine Info n°41, octobre 2020.



Notes

[1Accompagnant·e d’élèves en situation de handicap

[2Assistant·e d’éducation

[3Pôles inclusifs d’accompagnement localisés, le principe est de mettre en commun les AESH sur un périmètre donné (un collège et plusieurs écoles généralement). Cela permet à l’administration de disposer des collègues AESH à leur guise en les déplaçant et modifiant leurs emplois du temps régulièrement.

[4Maisons départementales des personnes handicapées

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