Recherche bonnes poires désespérément



Les tâches se multiplient pour les enseignant·es et, comme d’habitude, le ministère compte sur la bonne volonté et l’envie de bien faire de ses personnel·les.

Ainsi, dans le second degré, certaines missions sont rémunérées (référent culture, référent numérique, référent décrochage scolaire…) mais à condition qu’on octroie aux chef·fes d’établissement des IMP (Indemnités pour Mission Particulière). Et cela peut varier d’une année sur l’autre. Un·e enseignant·e peut toucher une IMP une année puis se retrouver avec rien du tout ensuite. Il·elle peut heureusement arrêter sa mission mais dans la réalité certain·es continuent parce qu’ils·elles y ont passé du temps et se sont investi·es ou parce qu’ils·elles savent qu’ils·elles ne trouveront pas de remplaçant·es. Pour les missions qui sont obligatoirement rémunérées et réglementées dans le BO, le·a chef·fe d’établissement a obligation de trouver de l’argent. Il·elle utilise alors sa ligne Z, une marge de manœuvre propre à chaque établissement scolaire, une espèce de ligne budgétaire fourre-tout. Mais s’il·elle le fait c’est encore au détriment d’une autre charge.

Maintenant, parlons un peu de ces missions qui, pour certaines, dégradent considérablement les conditions de travail et empiètent sur la vie personnelle. Par exemple, le ou la référent·e culture, pour comprendre comment fonctionne le portail Adage et se tenir au courant des nouveautés, devait l’an dernier participer à des formations en visio (très à la mode), le mercredi après-midi. Un après-midi de repos pour beaucoup d’enseignant·es en collège. A croire que le rectorat a pris l’habitude depuis le confinement que nous mêlions famille et travail. Il en est de même pour la lutte contre le harcèlement, cheval de bataille du ministère depuis quelques années (et c’est nécessaire, nous en avons bien conscience). Chaque collège doit avoir un ou une référent·e harcèlement. Bien souvent, le ou la collègue d’histoire-géographie se retrouve en charge de cette mission (la tolérance et les discriminations sont au programme de l’EMC). Mais en revanche, il.elle devra s’acquitter bénévolement de sa tâche car il n’existe pas d’indemnité officielle. Et attention à ne pas s’engager trop vite dans le programme PHARE (plan de prévention du harcèlement à destination des écoles et des collèges) car les formations ont lieu le mercredi. Tant pis pour celles et ceux dont c’est le jour de repos. Les premières formations sont en visio. On pense peut-être en haute sphère que cela laissera le temps de s’organiser pour la garde des enfants et les activités diverses…

Vous l’aurez compris, dans l’Éducation Nationale, la grande mode est aux tâches bénévoles et au non-respect des jours de repos. Les personnel·les volontaires et/ou enthousiastes, qui ont l’envie de s’investir dans des missions intéressantes, se retrouvent à faire des heures en plus, bénévolement, et sur leur temps personnel. C’est décourageant et fatigant.

Article paru dans SUD éducation Lorraine info n°49, novembre 2022


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