Lycée 4.0 : « Je n’ai pas rencontré de professeurs qui m’ont fait part de leur mécontentement »



« Dimanche en politique », c’est « le magazine de débat » de France 3 Grand Est. Et à quel débat avons-nous assisté le dimanche 13 octobre dernier ! Deux invités : Jean Rottner, président de la Région Grand Est, et Jean-Marc Huart, notre Recteur, tous deux d’accord en tout point pour dire que le Lycée 4.0 est une merveilleuse innovation. D’ailleurs, qui aurait pu les contredire ? Surtout pas les enseignant·es dont Monsieur le Recteur dit n’en avoir rencontré aucun·e pour lui faire part de son mécontentement.

Soit Monsieur le Recteur ment honteusement, soit il n’a pas la moindre idée des conditions réelles dans lesquelles nous exerçons notre métier au quotidien. On penche pour les deux.

Depuis la mise en place du plan Lycée 4.0 le collectif d’enseignants et parents d’élèves « Ecran total », que nous soutenons, n’a eu de cesse de dénoncer la gabegie financière, l’aberration écologique, les difficultés pédagogiques autant que le risque sanitaire que représente ce plan, que ce soit auprès des services de l’Éducation Nationale, auprès du conseil Régional, auprès du Ministère de la Santé, dans la presse régionale et jusque dans une tribune parue dans Libération. Plusieurs syndicats, dont le nôtre, ont dénoncé ce plan dans les instances, dans la presse et auprès des collègues.

Mais sans doute Monsieur le Recteur n’aura-t-il pas rencontré non plus les enseignant·es du lycée Callot de Nancy, qui, deux jours après cette émission, mardi 15 octobre, débrayaient devant la presse pour dénoncer les conditions de rentrée déplorables liées notamment à la mise en œuvre du plan lycée 4.0.

Dans son intervention Monsieur le Recteur a pourtant dit quelque chose de juste : « le numérique transforme profondément la pédagogie »… et l’école dans son ensemble, mais pas comme on le souhaiterait. C’est la raison pour laquelle lui et le président de Région auraient dû dire « Je n’ai jamais rencontré d’enseignant·es qui m’ont dit souhaiter un tel dispositif ». Car ce n’est pas ça que les enseignant·es réclament pour améliorer leur pédagogie et l’école. Le plan lycée 4.0 enfreint leur liberté pédagogique en les contraignant à l’omniprésence du numérique, d’abord en les privant des manuels scolaires papiers.

SUD Éducation Lorraine revendique l’abandon du plan lycée 4.0, que soient financés avant tout des équipements collectifs parfaitement fonctionnels ainsi que les projets dont les enseignant·es sont à l’initiative. Nous demandons également que toutes les demandes de manuels papiers soient satisfaites.

SUD Education Lorraine appelle l’ensemble des collègues à se mobiliser contre la dégradation de leurs conditions de travail, à faire usage de tous les moyens à disposition, comme notamment remplir le Registre de santé et sécurité au travail (RSST) ou exercer collectivement leur droit de grève. Nous nous tenons à disposition de toutes les équipes pour les accompagner dans leur démarche et SUD Education dépose des préavis permettant de se mobiliser.

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