Lettre ouverte aux universitaires par L’université populaire du Sapin.

Nancy |

Bonjour,

Comme vous l’avez sans doute appris la répression policière s’est abattue sur des étudiant.e.s au sein même de la fac au cours de l’après-midi du 3 mai.
Il nous semble important de revenir sur les événements de cette journée ayant aboutis à cette répression.

A midi, une AG étudiante s’est déroulée sur la pelouse du campus LSH. Il y a été unanimement décidé la réappropriation des locaux de la mobilisation ainsi qu’une occupation temporaire de la salle des professeur.e.s.
Vers 14h, les étudiant.e.s mobilisé.e.s se sont placé.e.s devant les amphithéâtres 42 et 52 pour alerter les étudiant.e.s qui y étaient convoqué.e.s sur les raisons de la mobilisation contre la loi ORE.
Une demi heure plus tard, les étudiant.e.s se sont dirigé.e.s vers le bâtiment K où les partiels avaient été délocalisés. Les étudiant.e.s mobilisé.e.s ont alors appelé au boycott des examens pour protester contre la présence des vigiles dirigés par le Président P. Mutz et contre l’expulsion subie le 25 avril.
14h50 : arrivée des forces de l’ordre. Une vingtaine de CDI en armure armés de matraques, boucliers, gazeuses et flashball ainsi que des membres de la BAC et des RG se sont placés devant le bâtiment K. Après une demi heure d’inactivité, contrôle renforcé des étudiant.e.s convoqué.e.s au partiel qu’ils ont fait rentrer au compte goutte.
Cependant, certains étudiant.e.s convoqué.e.s ont déduit au vu de la présence des forces de l’ordre sur le campus et du retard avancé que l’examen n’aurait pas lieu. Ils ont ainsi quitté le campus sans pouvoir être informés. Un étudiant convoqué à ce partiel s’est vu refusé l’entrée en raison de son implication dans la mobilisation. Il a du en référer au chef de la police pour pouvoir passer son examen.
Il est inadmissible que des policiers interfèrent dans le fonctionnement interne de l’université. Nous condamnons donc fermement leur présence sur le campus.
15h50 : les étudiant.e.s convoqué.e.s composent dans les amphithéâtres tandis que les étudiant.e.s mobilisé.e.s au dehors étaient assis dans l’herbe.
La charge a alors pu commencer… sans sommation.
Boucliers en avant, les CDI se sont rués sur les étudiant.e.s alors encore assis. Deux étudiants ont été instantanément plaqués au sol et menottés. Les autres étudiant.e.s regroupé.e.s ont été chargés violemment. Les coups de matraques et de boucliers pleuvent. Plusieurs ont été projetés au sol et rattrapés de justesse par leurs camarades. La répression a continué, les CDI nous ont pris en étau contre des barrières. Il faudra l’aide de deux professeurs pour se dégager. Pendant ce temps d’autres sont arrêté.e.s sans raison, plaqué.e.s violemment au sol, menotté.e.s et emmené.e.s à l’écart. L’une des étudiant.e.s mobilisé.e.s a été interpellée sans raison alors même qu’elle sortait des toilettes.
Ils nous ont poussés hors du campus où nos camarades étaient frappé.e.s alors qu’ils étaient maintenus au sol.
Alors que l’on reproche aux étudiant.e.s en lutte une posture de victimisation vis à vis de violences policières, les policiers se posent victimes d’acte de « rébellion » ou de « violence sur agent » imaginaires.
Au total : 6 étudiant.e.s arrêté.e.s, de nombreux blessé.e.s et la totalité des personnes présentes traumatisées par cette scène de brutalité sans nom.
Commença alors la marche vers l’hôtel de police et la présence continue des étudiant.e.s et sympathisant.e.s en soutien à nos camarades prisonniers.Ce sont vos étudiant.e.s. Ils se sont mobilisé.e.s pour le rester. A l’heure où nous vous écrivons ces mots, cela fait plus de 24 heures qu’ils subissent la contrainte de la garde à vue. Et nous venons d’apprendre qu’un autre de nos camarades vient de se faire arrêter à son domicile et placé en garde à vue.
Leur place est sur les bancs de la fac et non dans une cellule.
Au vu de la présence policière sur le campus, de la répression violente et injustifiée que les étudiant.e.s ont subie, le collectif des étudiant.e.s appelle au soutien des professeur.e.s.

Auriez vous pu imaginer un jour surveiller des partiels en étant vous même surveillés par vigiles et CDI armés ? Est ce vraiment dans cette faculté que vous voulez transmettre votre savoir ?
Nous étudiant.e.s en lutte souhaitons nous opposer à cette dégradation de nos conditions d’étude qui sont aussi vos conditions de travail.
Une contestation de votre part est possible. Vous pouvez retenir les notes comme il se fait en ce moment dans d’autres facultés, la grève reste une alternative qui vous est garantie depuis 1946, vous pouvez encore refuser de surveiller les partiels dans ces conditions d’extrême violence.
Voici des modalités de contestation de la répression que vos étudiant.e.s subissent et que votre statut vous permet d’utiliser.

Nous vous invitons à nous rejoindre en soutien aux camarades blessés et arrêtés, pour protester contre cette répression généralisée de tous les mouvements sociaux.

L’université populaire du Sapin.

Originalement publié sur facebook