La modification du reseau STAN

Nancy |

Le reseau stan était en grève mardi 9 juillet, jour du passage du Tour de France dans la ville. Il n’était pas possible dans l’Est-Rep de connaître vraiment les motivations des grévistes, on parle seulement des « organisations syndicales qui dénoncent une « précipitation », dans la mise en œuvre du nouveau réseau qui sera effectif fin août ». Le journal de garde se garde bien de développer les conséquences de cette mise en œuvre. Or, c’est bien le projet du nouveau réseau et ce qu’il engendre qui provoque le mécontentement des salarié-e-s mais aussi des usager-e-s et pas simplement sa rapide mise en place.

Le projet d’un nouveau réseau couvait depuis janvier 2019, on apprend début juillet qu’il sera mis en place une semaine avant la rentrée.

Si vous avez la chance d’habiter le long des lignes 1,2,3 ou 4 rien ne changera, ça devrait même être mieux. En revanche pour les usager-e-s des lignes urbaines (11 à 17) et péri-urbaines (20 à 22) cela va se compliquer et plus particulièrement pour celles et ceux qui les utilisent avant 6h, après 21h30 et le dimanche avec un « service à la demande ». On y voit bien une marque supplémentaire de discrimination pour les populations péri-urbaines et les travailleur-euse-s avec des travaux demandant des horaires décalés.

De plus, par la modification du réseau, les temps de trajets vont considérablement s’allonger, allant jusqu’à doubler selon la zone géographique. Difficile pour certain-e-s d’aller travailler, se promener ou faire ses courses.

Bien sur à la métropole et chez Keolis, chargé de faire tourner le réseau, on parle de mobilité avec comme objectif une augmentation de 20 % de fréquentation et la sauvegarde de l’environnement mais les vrais objectifs sont tout autres.

La métropole qui soutient le projet obligera des potentiel-le-s usager-e-s à prendre la voiture, pas très écolo…

La société Keolis, elle, a vendu au grand Nancy son projet en s’engageant à réduire les coûts grâce à ce réaménagement.

Ils promettent que « à cette heure, il n’y a pas de suppression de lignes ni de personnel », « tout ne sera pas pour autant figé, nous adapterons au fil du temps ».

Ils commencent donc par rendre les trajets longs et/ou quasiment inexistants à certains horaires, ce qui entraînera forcement une diminution de la fréquentation, et quand cela sera acté ils pourront argumenter une future fermeture de ligne. C’est une pratique éprouvée par le privé quand il s’agit de s’occuper de service public.

C’est encore une fois la rentabilité qui dicte les décisions, attendons-nous à voir les fréquences diminuées, et à avoir des lignes raccourcies avec une augmentation du prix.

Alors oui, ici et là des comités de quartier, des initiatives citoyennes ou des consultations des usager-e-s s’organisent pour s’opposer au projet.

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Des initiatives qui sont les bienvenues mais qui, on le sait, ne suffiront pas, les décisions sont déjà actées par les dirigeants ayant une vision libérale du monde.

Seule une autogestion du réseau Stan par ses employé-e-s et usager-e-s permettrait de sortir de cette logique de rentabilité imposée par le système en place.

Texte largement inspiré par un tract de la CGT des TRAM



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