L’abruti du mois



Ça n’est pas tant que la rubrique manquait de postulant·e·s, mais on se lasse parfois de sonder la connerie humaine. Les trous du cul d’En Marche ont tellement repoussé les limites du mépris de classe, de l’auto-satisfaction et du cynisme qu’on n’a plus le cœur à rire. Ces jean-foutre nous ont volé jusqu’à notre impertinence.

Leurs violences contre les gilets jaunes, les migrantes et les migrants, leur duo de faux culs avec le lepénisme rendraient presque insignifiante la connerie ordinaire, pourtant si détestable.

Alors remercions notre lauréat du mois, Patrick Massenet, président des chasseurs de Meurthe-et-Moselle, d’avoir, au détour d’une interview donnée à l’irremplaçable Est républicain, le 16 septembre 2019, réveillé notre verve ensuquée.

Voici, donc, la question du ou de la journaliste ne brillait certes pas par son impertinence – elle concernait l’ouverture de la chasse et était libellée comme suit : « La saison dernière fut notamment marquée par divers accidents en France et même l’idée d’instaurer des gilets de couleur pour les randonneurs… Dans ce contexte, les chasseurs ressentent-ils de l’appréhension ? »

Divers accidents… Ce sont précisément 132 personnes touchées, dont 7 mortellement. Petit millésime, car la moyenne annuelle sur les 20 dernières années est de 21 victimes humaines. Le fait que ces chiffres émanent de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, c’est-à-dire du lobby des fous et folles de la gâchette, invite, en outre, à les prendre comme un minimum.

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Quant à demander à des gens qui se lèvent tôt le matin pour aller en groupe tuer des lapins, des sangliers, des chevreuils et des oiseaux, juste pour le plaisir, s’ils ont de l’appréhension… C’est hallucinant ! La question aurait pu valoir à son auteur-e notre prix de septembre, mais grâce à sa réponse, Patrick Massenet emporte le morceau : « Non, pas d’appréhension dans la mesure où, comme dans d’autres domaines, on rencontre chez les randonneurs une grosse majorité de gens responsables et sensés et une infime partie qui ne respecte pas le balisage, voire qui balance les pancartes et pénètre sur les zones de chasse. Et contre ces gens-là, malheureusement nous ne pouvons pas grand-chose… »

De la part de quelqu’un qui tient un fusil voilà qui s’appelle une menace. À n’importe qui d’autre (sauf Alexandre Benalla), ça vaudrait de graves ennuis. Mais à ces gens dont le plaisir est de tuer, ça vaut les honneurs de la presse locale.

Nous y ajoutons notre prix du mois de septembre et notre souverain mépris… à titre définitif !

Victor K

Article paru dans RésisteR ! #64, le 20 septembre 2019.



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