Bikini ou burkini, il y en a ras le voile !



La polémique stérile qui sévit depuis plus d’un mois au sujet du burkini est un signe manifeste de la vacuité d’esprit des journaleux professionnels et du refus des politiciens de parler des vrais sujets qui fâchent : chômage, terrorisme… Pendant que les médias et les hommes politiques se déchaînent à ce sujet, les vrais problèmes de fond sont complètement occultés.

Qu’est-ce que le burkini ? C’est tout bêtement un maillot de bain intégral inventé en 2004 par Aheda Zanetti, styliste australienne d’origine libanaise pour permettre aux femmes musulmanes qui ne veulent pas montrer leur corps de se baigner. Cette styliste a déposé en 2006 les marques Burkini et Burqini et a fait fortune avec son idée. Plus de 500 000 burkinis ont été vendus depuis douze ans.

Qu’y a-t-il donc de choquant dans cette tenue ? Nos grands-mères ne sortaient pas « en cheveux », mais avec un chapeau ou un foulard sur la tête. Chez certains ordres religieux, notamment les dominicaines, la tenue des bonnes sœurs ne laisse voir que le visage.

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Est-ce pour autant qu’on les arrête dans la rue ? Une loi interdit de porter des signes religieux ostentatoires, alors si l’accoutrement dominicain est autorisé, pourquoi le burkini serait-il interdit ?
Le port d’une croix visible n’est-il pas un signe religieux ostentatoire plus choquant que le burkini ?
En quoi cette tenue peut-elle constituer un signe religieux ostentatoire ou un trouble à l’ordre public ? Évidemment, si des imbéciles, comme en Corse se battent à cause de l’apparition d’un burkini sur une plage… Mais quelle est la cause, l’imbécillité ou la tenue de bain ?

Pourquoi une telle prolifération d’arrêtés municipaux anti-burkini, pourquoi la verbalisation par les forces de l’ordre ? Elle peut donner lieu à des confusions choquantes. Certains membres de la police se sont à juste titre demandé ce qu’ils faisaient sur les plages…

Bien que le Conseil d’État, saisi par la Ligue des Droits de l’Homme et le Collectif contre l’Islamophobie en France, ait suspendu les arrêtés municipaux anti-burkini, le juge des référés de Bastia a validé l’arrêté anti-burkini du maire de Sisco, en Corse.

Vivement l’hiver que l’on puisse parler d’autre chose !

In furore

Article paru dans RésisteR ! #44 le 17 septembre 2016


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