Bienvenue aux migrant.e.s !

Nancy |

Après des mois de pourrissement de la situation à Calais, à Paris, au campement Blida de Metz où les réfugié.e.s subissaient des conditions de vie inhumaines et un harcèlement policier permanent, les démantèlements de la "jungle" de Calais et des autres campements se sont déroulés avec leurs lots de violences sociales et humaines.

L’acheminement des réfugié.e.s a mobilisé des centaines de CRS et des dizaines d’autocars pour les conduire vers les Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) répartis dans toute la France, "solution" temporaire censée permettre de les héberger le temps d’obtenir un titre de séjour. Faisant passer cette expulsion pour une opération humanitaire, le gouvernement souhaite surtout briser toute solidarité qui avait pu s’installer, isolant de fait et rendant invisibles les réfugié.e.s pour pouvoir les expulser de manière plus discrète. C’est donc une raison supplémentaire pour exprimer notre solidarité en venant en aide et en apportant notre soutien aux réfugié.e.s qui s’installent près de chez nous.

Les bulldozers ne peuvent pas tenir lieu de politique. Cela n’implique évidemment pas de nous accommoder d’une « jungle » inhumaine. Personne n’aurait pu accepter le maintien en l’état du bidonville de Calais, pas plus que des camps de Jaurès et Stalingrad à Paris ou Blida à Metz, ni d’aucun autre. Personne ne peut se satisfaire de voir des réfugié.e.s contraint.e.s de survivre dans de tels lieux, mais la situation des réfugié.e.s ne va pas pour autant s’améliorer, et le flot des personnes fuyant la guerre ou la misère ne va pas s’arrêter par magie.

Nous proclamons haut et fort que :

  • les droits humains des réfugié.e.s doivent être respectés ;
  • des garanties doivent être données : un logement, un suivi administratif, social et médical, et l’apprentissage du français s’ils-elles le souhaitent ;
  • la continuité de la procédure d’un lieu à un autre et la non-application de la procédure Dublin qui les rend automatiquement expulsables doivent être assurées pour celles et ceux qui ont déjà déposé une demande d’asile ;
  • aucun emprisonnement ni expulsion ne peuvent être tolérés.

Nous serons solidaires des réfugié.e.s accueilli.e.s à Nancy, Neuves-Maisons, Sion ou Metz et serons vigilant.e.s quant au respect le plus strict des droits humains des réfugié.e.s.

Novembre 2016
Bloc Anti Fasciste - Nancy

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