Événement « Reclaim the Fields » à Bure

Bure |

Retrouvons-nous à Bure, lors des rencontres de « Reclaim the Fields », du 10 au 13 novembre, pour renforcer les dynamiques agricoles autonomes dans le Grand Est et ailleurs.

« Reprenons les champs ! » est un slogan qui vous parle ?

Du jeudi 10 novembre, 10h, au vendredi 11, 12h : une journée et demi pour prendre le temps de présenter ce qu’est Reclaim The Fields [1], comment ça marche et avoir ensemble des réflexions et débats sur les thématiques des luttes paysannes, de ce que signifie être paysan.ne, de la paysannerie dont on rêve, de pour qui et pour quoi produire, d’agriculture collective, d’autonomie ou de souveraineté alimentaire (voir programme plus bas).

Vendredi 11 après-midi : présentation de la lutte à Bure et des enjeux agricoles (accaparement, occupation...).

Vendredi 11 soir : conférence gesticulée « Bure auto-stop ».

Samedi 12 : discussions et perspectives sur les dynamiques françaises et européennes de RtF.

Dimanche 13 : « Barricades agricoles » entretien et plantation de haies des terres squattées.

Ces dernières années, les installations agricoles se sont multipliées en Lorraine et dans le Grand Est, beaucoup en maraîchage bio, mais pas que. Des projets plus collectifs émergent, avec la volonté de ne pas rester seul sur sa ferme, de multiplier les productions, de transformer, de se reformer à l’artisanat, de s’auto-organiser et de démonétiser tout ça le plus possible.

Si certains trouvent à s’installer près des villes, pour beaucoup d’entre-nous, on trouve d’abord nos espaces d’expression dans des espaces ruraux qui ne font pas forcément rêver les agences de voyages. Ils sont là où les usines (les mines, les hauts-fourneaux...) ont fermé et sont fortement sujets à la monté du vote FN. Point d’avenir en dehors d’un salariat de plus en plus pressurisé, du fantasme du renouveau de l’industrie lourde (acier, nucléaire, gaz de couche…), des tentatives de tourisme commercial européen ou de la perfusion du Luxembourg ?

Bure est un exemple démesuré de ce qu’entraîne le sacrifie de l’agriculture et la perte des solidarités locales. Dans la course au profit, le déclassement de ce coin à cheval sur la Meuse et la Haute-Marne en a fait l’endroit idéal pour que les nucléairocrates y voient l’occasion de déménager une grande partie de leur industrie mortifère et d’imaginer les projets les plus dangereux. Le capitalisme créé lui-même les espaces poubelles de sa fuite en avant. Il y a ceux qui marchent, et ceux qui crèvent ! Les prédateurs de terres et fossoyeurs du monde pullulent sur le terrain grandissant de la résignation. La discrétion et la paix sociale sont des choses précieuses ! Comme disait le philosophe Žižek « aujourd’hui, il est plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme ».

« Vivre, produire, lutter ! »

Nous devons donc lutter à Bure, comme partout. Ces lieux, on y est attaché. C’est là qu’on habite, avec nos voisin.e.s, nos ami.e.s, nos familles... C’est là qu’on veux se mettre bien, qu’on veut vivre, produire et lutter ! Nous devons avoir la capacité à mettre des bâtons dans les roues d’une arracheuse qui entre dans une forêt comme dans celles du morne quotidien de la société industrielle. Face au travail aliéné, à la guerre économique, à l’isolement et à la marchandisation du vivant, nous cherchons un rapport et une organisation du travail satisfaisantes, la maîtrise de nos outils et l’émancipation au maximum du marché. Nous voulons faire du temps notre allié et de la nature une compagne. Nous voulons vivre heureux.se, solidaires et être contagieux.se. Alors on a besoin de se rencontrer, de partager nos envies et les paris de nos choix de vie. On a besoin de s’organiser pour dépasser les engagements du quotidien comme pour les renforcer. On a besoin de s’ancrer dans quelque-chose de concret avec un horizon politique partagé ici et ailleurs. On sait qu’on n’est pas nombreux.ses, mais que déjà, à quelques-un.e.s, on peut être fort.e.s et faire bouger les lignes.

Formation (du jeudi 10 novembre, 10h, au vendredi 11, 12h)

Une partie de cette rencontre est aussi prévue pour se former et échanger sur le monde agricolo-administrativo-politico-économico actuel. On a imaginé ces journées avec différents outils d’« éducation populaire », pour que ça ne soit pas trop pénible, et aussi pour diffuser ce genre d’outils, à réutiliser ensuite dans d’autres contextes !

Jeudi matin : Présentation des participant.e.s, de RtF, échange autour des questions qui sont soulevées au sein du réseau et à partir de ce que chacun fait/ambitionne de faire, se connaître et se donner envie de faire des choses ensemble.

Jeudi après-midi : Les “valeurs” portées par RTF : une séance de définitions des mots comme : “autogestion”, “anti-autoritaire”, “anticapitaliste”, “modes de productions collectifs, coopératifs, autonomes”, “solidarité” et “action directe”. Discussion en petits groupes. Identifier l’ennemi … Avoir une idée des politiques et stratégies en cours influençant l’agriculture et l’alimentation à partir des différentes analyses qui sont produites (par les organisations agricoles, ONG, l’enseignement, les mouvements de luttes paysannes). Dessin du schéma de la situation.

Vendredi matin : 3 discussions successives : contexte institutionnel agricole français, « Pour qui, pour quoi produire ? » (discussion silencieuse autour d’une grande feuille), « Et maintenant ? » : quelles suites locales à cette rencontres ?

Modalités pratiques : inscription par mail terresdebure@riseup.net. Rendez-vous jeudi à 9h30 à la Maison de la résistance, 2 rue de l’église, à Bure (55290). Formation auto-gérée, le programme pourra être affiné en fonction des participant.e.s. Formation gratuite, ne nécessite pas de prise en charge Vivéa pour les agriculteurs/trices et les futur.e.s agri. Repas et hébergement (dortoir) assurés sur place. Les produits de la ferme ou de la maison sont les bienvenus pour alimenter la cuisine collective. Possibilité de nous retrouver tout au long du week-end !



Notes

[1Reclaim the Fields, rassemble de jeunes paysan.ne.s sans terre et des collectifs, constitué en 2008 dans la suite du Forum européen de Malmo, pour favoriser le retour à la terre et, dans un même mouvement, remettre en question les rapports de production en agriculture. Produire sainement des aliments sains ne suffit pas à répondre à une question alimentaire qui est avant tout sociale et politique. Qu’en est-il de la répartition de la terre ? Comment repenser les rapports marchands en agriculture, quid des formes d’agricultures vivrières ? RtF invitent à travers des pratiques et des rencontres à réfléchir sur les conditions d’existence des paysan.ne.s, et des sociétés, pour agir. Plus d’infos : www.reclaimthefields.org. (extrait de l’article « Se former à des pratiques agricoles et politiques », TRI n°454, avril 2016 et Lutopik n°11, été 2016, ici : https://share.riseup.net/#Or2OEZL9ncJ4zLSKMSXecw)

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