Communiqué de l’AG interpro interluttes du 54

Nancy |

L’assemblée générale interprofessionnelle et interluttes du 54 appelle tout∙es les salarié·es du privé et du public, les artisans, les professions libérales, les artistes, les paysan∙nes, les chômeur·ses à se rassembler et s’organiser à distance pour entrer en résistance sociale.

Sous couvert de "guerre" contre un virus, ce gouvernement mène en réalité une guerre sociale pour, une fois de plus, sauver les profits en sacrifiant sa population. Les ordonnances mises en place dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire sont une aberration et ne répondent en rien aux besoins des soignant·es, des travailleur·ses et de la population dans son ensemble.

Notre AG s’est constituée pendant le mouvement social contre la réforme des retraites. Elle est composée de travailleur·ses de différents secteurs, de gilets jaunes, rouges, roses, verts, noirs, de syndicalistes appartenant à différentes organisations, de non syndiqué·es, de militant·es appartenant à différentes associations. Cette AG s’est constituée pour participer activement au mouvement et décider collectivement des actions à mener en en déterminant le calendrier. Des liens forts se sont tissés et la solidarité qui émane de cette AG n’a fait qu’accroître sa force et sa détermination, comme dans d’autres villes où de nombreux comités, collectifs et AG se sont constitués.

Aujourd’hui nous faisons face à une pandémie et un confinement qui empêche tout rassemblement.

Est-ce à dire que la colère qui régnait dans les rues de France a disparu ? Bien sûr que non ! Cette colère ne fait qu’augmenter et continuera de s’exprimer de manière différente ! Car nous n’attendrons pas docilement la fin du confinement pendant qu’ils détruisent nos vies et nos droits conquis !

Au lieu de sauver les hôpitaux en leur donnant les moyens qu’ils réclament depuis des années pour gérer cette pandémie, le gouvernement a trouvé une fois de plus une autre priorité...

Ils injectent des milliards pour sauver les grandes entreprises, tandis que les actionnaires vont enregistrer des records de dividendes. Et c’est toujours aux mêmes de faire des efforts ! En témoignent les attaques sur le droit du travail (congés et temps de travail) passées par ordonnance dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.

Les travailleur·ses, les précaires, les professions libérales, les artistes et artisans sont les essentiels au bon fonctionnement de la société, celles et ceux que l’on méprise depuis tellement longtemps !

Nous remplissons notre rôle à chaque instant et demandons les moyens de le faire correctement. Cultiver et élever pour nourrir, soigner, transporter, nettoyer, acheminer la nourriture comme le matériel, gérer les déchets, enseigner à nos enfants et futurs citoyen·nes, chercher et découvrir des réponses scientifiques, éduquer, fabriquer, réparer, conditionner, encaisser, ranger, aider les plus fragiles, étudier, sauver des vies, sauver du feu, produire de l’énergie et la distribuer, épurer l’eau et la redistribuer, défendre celles et ceux qui en ont besoin, construire un toit pour tout·es, participer à la culture et au savoir universel, exprimer son art.

C’est Nous les essentiel·les qui passerons sous le rouleau compresseur après le confinement, lorsque nous compterons les morts et qu’il faudra travailler jusqu’à 60h par semaine pour certain∙es. Les autres, ceux qui spéculent et s’enrichissent sur notre dos s’en sortiront très bien. Sauf si nous réagissons maintenant ! Pas demain ou après-demain, mais maintenant. C’est Nous les essentiel·les au fonctionnement de la société ! Ce sont eux les exploiteurs et les inutiles !

L’AG interpro interluttes du 54 appelle l’ensemble de la population à se défendre dès maintenant et à :

  • sortir ses banderoles, ses pancartes, aux fenêtres, aux balcons, sur les toits, pour demander « De l’argent pour les soignants, pas pour le CAC 40 », « Du fric pour les services publics » et autres revendications ;
  • scander des slogans revendicatifs à 20h après les applaudissements en soutien aux soignant∙es ;
  • maintenir la pression sociale sous toutes les formes, tout en veillant bien entendu à respecter les mesures de confinement pour ne pas aggraver la situation sanitaire catastrophique et le nombre de morts ;
  • exercer son droit de retrait pour les travailleur·ses qui sont, et se sentent, en danger ;
  • exercer son droit de grève comme c’est déjà le cas dans plusieurs entreprises ;
  • boycotter les entreprises comme Amazon qui ne respectent pas les mesures sanitaires pour protéger leurs salarié·es. Ne donnons pas notre argent à ceux qui méprisent leurs salarié·es, les mettent en danger et ne paient pas leurs impôts en France ;
  • privilégier les petits commerces de quartier, les circuits courts (Amap, GAEC, etc), les supermarchés coopératifs, les coopératives ;
  • constituer des collectifs, des assemblées générales, des comités, des coopératives, pour réfléchir et s’organiser localement et nationalement ;
  • rester vigilant·es sur les libertés individuelles, contre la surveillance généralisée et dénoncer toutes les dérives, notamment les violences policières auxquelles cette surveillance donne lieu dans les quartiers populaires.

L’AG interpro interluttes donne aussi d’ores et déjà rendez-vous pour l’après confinement car il nous faudra continuer de lutter :

  • pour retrouver et renforcer nos droits au travail (retour aux 35 h, droits à nos congés...) ;
  • contre les lois d’exception et la surveillance généralisée (rondes policières, couvre-feu, drones...) ;
  • contre la réforme des retraites ;
  • pour les droits des femmes, des minorités et des migrant∙es ;
  • pour un grand service public de la santé ;
  • pour des services publics de qualité en embauchant et en investissant massivement dans les secteurs de la santé, du transport, de l’enseignement, de l’éducation, de la recherche, des énergies, et de la culture.

Nancy et alentours, lundi 30 mars 2020.
Contact : http://nancy-luttes.net/agenda.html

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