Nos mots, leurs maux !

Bure |

Les camarades qui occupaient la forêt de Mandres-en-Barrois se sont donc fait expulser par les représentants d’un ordre qui devient chaque jour plus autoritaire. Le niveau informationnel de la « couverture » médiatique n’a rien à lui envier. Alors que les occupant.e.s du bois expliquent depuis le début de leur action qu’ils ne souhaitent pas que l’on parle de ZAD, les journalistes, dans leur majorité et dans leur recherche de spectacle ne cessent d’employer le mot.

Les arguments des occupant.e.s sont pourtant simples et clairs. D’un, ce qui est fait à la ZAD de NDDL n’est pas forcement reproductible tel quel ailleurs. De deux, les images renvoyées des zadistes par les médias sont souvent utilisées comme repoussoir : le zadiste serait violent , il serait sale…

Pourtant nombres d’articles sur l’évacuation du 7 juillet 2016 parlent de ZAD. Quelques recherches sur Internet suffisent à nous en convaincre. De tous ces « journalistes », le pompon revient certainement à Anne-Laure Barral de France Info. Le niveau zéro de l’analyse politique ou même simplement factuelle.

Dans son article du 6 juillet qu’elle intitule « Bure, cette ZAD qui ne dit pas encore son nom » elle ne recule pas devant une argumentation des plus pointues pour nous en convaincre. Pourtant elle sait parfaitement que son affirmation est fausse puisqu’elle commence : « L’un d’entre eux, qui a choisi de s’appeler Sylvestre, n’aime pas le terme zadiste. "On n’aime pas spécialement le terme ZAD, qui est une étiquette", explique-t-il. » Mais il faut croire qu’elle a connaissance de faits qui prouvent que ce « zadiste » ment et qu’elle, a finement analysé l’affaire. Elle continue donc : « Pourtant, les similitudes avec Sivens et Notre-Dame-des-Landes sont troublantes. » Ah, enfin, nous allons savoir. Voici ses preuves. Elle n’hésite pas à nous les asséner avec une assurance inouïe : « Les campeurs ont, par exemple, installé des toilettes sèches et une douche en plein air. ». Indiscutable !

Au-delà de la bêtise de l’analyse sinon de l’auteure, il convient de voir aussi dans ces batailles de mots un enjeu des plus importants. Si nous voulons faire valoir nos idées et combattre le monde capitaliste, il faudra aussi combattre sur le front des mots. Cet exemple, et tous les articles du même acabit, révèlent comment l’entreprise d’abrutissement est orchestrée telle une petite musique par les médias de masse porte-paroles des dominants. Petite musique qui se révèle finalement être un véritable rouleau compresseur.

Pour les combattre, produisons nos propres reportages, nos propres images !



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