Ni dieux, ni maîtres !



Médecin engagé, militant enragé, Guy Priqueler nous a quittés il y a quelques jours à la suite d’une tumeur foudroyante.

Membre de RESF, hébergeur d’un jeune migrant sans papier depuis plus d’un an, il y a quelques semaines encore Guy déplaçait des matelas pour une famille de réfugiés, pour que des enfants et leurs parents démunis dorment dans des conditions un peu plus humaines, que nos riches institutions leur refusent !

Ces dernières années c’est surtout lors de rassemblements militants ou de manifestations dans les rues de Nancy que nous nous retrouvions. Fondus dans un cortège syndical languissant, nous parlions au pas d’une nonchalance non violente, convaincus de la nécessité d’être là. Nous échangions nos avis sur la politique du présent, sur nos inquiétudes du futur. Comme le rappelle Léo Ferré : « Faudrait pas oublier qu’ça descend dans la rue… les anarchistes ! »

Militant anarchiste et anarcho-syndicaliste, Guy partageait avec nous les combats pour la solidarité entre les peuples, la fraternité entre les femmes et les hommes, les luttes contre les injustices, sous quelques formes qu’elles soient, l’utopie d’un monde juste et solidaire.

Il y a quelques jours, une autre forme d’injustice l’a frappé : l’injustice de la santé. Elle a été fatale. Guy a rejoint nos camarades et amis, partis prématurément, eux aussi, ces derniers mois. D’où qu’ils soient ou qu’ils ne soient pas, nous parvient le murmure de leurs et de nos éternelles convictions : ni dieux, ni maîtres !

Léon De Ryel

Article paru dans RésisteR ! #61, le 13 avril 2019.



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