Jeunes chiens, vieux tours...



Macron a des idées de vieux cons. Il a beau être jeune (pas tant que ça quand même), il a beau avoir fait des études brillantes (pas si brillantes qu’il le laisse entendre), il radote les mêmes vieilles idées rances que Giscard, Thatcher, Rocard et Chérèque père et fils.

Les idées de vieux cons – et de vieilles connes – enrichissant une partie non négligeable de la société au détriment d’une grosse partie négligée de la même société, elles sont soutenues avec acharnement par tous les riches bénéficiaires et leurs obligés auxquels s’agglutinent des électeurs apeurés, autrefois par le communisme ou la chienlit, et aujourd’hui, au choix par le terrorisme ou le fascisme.

C’est imparable : c’était de Gaulle ou le chaos, Giscard ou les chars russes, Chirac ou Le Pen, c’est aujourd’hui Macron ou le fascisme, la prochaine fois ça sera Dupont-Aignan ou le terrorisme.

Bien sûr, Macron et Philippe ne peuvent pas nous expliquer tout de go qu’ils vont faire un gouvernement qui va favoriser comme jamais les intérêts des nantis. L’électeur n’est pas toujours très futé, mais il n’est pas complètement débile.

Un président avec des idées de vieux cons ne peut pas se permettre de dire : « Pour favoriser les intérêts des bourgeois je vais nommer un gouvernement de notables, et puis pour éviter une explosion sociale je ferai la charité aux pauvres ». Pas davantage, il ne peut dire : « Je vais prendre l’avis des bourgeois, des patrons, des actionnaires et de la CFDT sur la manière de faire un max de pognon et de niquer les gueux. » On le voit mal s’extasier publiquement devant le « talent des notables français que le monde entier nous envie » ou hurler en fin de discours que son « PROJET est celui des patrons, des riches », que sa « politique est inspirée par des nantis qui collectionnent les positions, les honneurs et les jetons de présence » et que pour les pauvres « il y aura quelques miettes ».
Non, décidément il ne peut pas.

Alors il dit : « Mon gouvernement sera largement ouvert à la société civile. » Et puis aussi : « Notre politique sera bienveillante pour les plus démunis, la bienveillance fait partie de nos valeurs. »

Et les ralliés, les courtisans et les ayants droit, les élus et les nigauds crient en chœur au génie. Hourra pour la société civile ! Les artistes complaisants et les médailles Fields génuflexionnent, les écrivains d’antichambre et les académiciens font des bulles à force de lancer des vivats depuis leurs bocaux de formol. La société civile ! La bienveillance ! En voilà des concepts ! La CFDT s’esbaudit, puis courbe un dos dont la souplesse ne cesse de défier les lois de la médecine et de nous étonner. À Nancy, Klein, les anciens socialistes et même Hénart, qui a soutenu dans l’ordre d’apparition en haut des sondages Juppé, Fillon et Macron, frappent frénétiquement dans leurs mains sans cal espérant se faire entendre jusqu’à l’office du palais de l’Élysée, où il y aurait de l’embauche…

La plupart des électeurs retournent devant leurs écrans voir pour qui il faudra voter la prochaine fois pour éviter le pire. Ceux qui ont voté non pas « pour » mais « contre » se consolent du rhume que leur a causé le vent du boulet fasciste par la satisfaction qu’on éprouve après avoir nettoyé les chiottes. Joie mêlée de légitime fierté, mais hélas, de courte durée car il faut recommencer sans cesse…

Mais « Que faire ? », comme disait l’autre, il y a cent ans tout juste.

Reprendre les mots pour commencer, appeler un chat un chat, leur société civile – la bourgeoisie – et leur bienveillance – la charité.

Et surtout – surtout ! –, leur rappeler avec fracas, et au plus vite, le vrai sens du mot révolution…

Victor K

Article paru dans RésisteR ! #49, le 20 mai 2017



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